Faudra remercier Suzanne et Charles 

JOHN: Sous les palmiers, le sol est ocre, plus sombre que sur le bord de l’eau, peut-être parce que l’ombre des arbres maintient là une humidité qui teint le sable, car tout le ruban de sable, large et en demi-cercle qui longe la mer, brille d’un blond chaud, si chaud que l’on sent ses pieds brûler comme si on y marchait. Une bande bise court tout au long de la plage, entre l’eau et le sable sec, sur une largeur d’un à deux mètres, selon le dénivelé, là où les vagues terminent leur course, montent et redescendent, traçant une dentelle d’écume qui marque le début de cette immensité salée, sur des milliers de kilomètres. Tout de suite après l’écume, une informe ligne mauve conduit à une eau verdâtre, presque citron par endroit, pour bientôt prendre une teinte turquoise sur un assez large espace, jusqu’à l’horizon en fait, où une bande bleu nuit la traverse de part en part, suivie de minces, dans cette perspective, mais en réalité, vues de haut, sans doute vastes, taches olives, auxquelles succèdent à l’horizon une dernière ligne bleue nuit, marquée de cordons d’écume. La mer visible s’arrête là. Par-dessus, il  y a le ciel, d’un bleu royal éclatant, à peine délavé ici et là par de pâles, presque imperceptibles, nuages. Au raz de la ligne d’horizon, toutefois, des moutons de nuages plus épais s’élèvent comme une chaîne de montagnes vaporeuses qui semblent, vu la distance, flotter sur l’eau.

JANE: Ce n’est pas la mer, c’est le boulevard. Les trottoirs sont sales, longs et gris. Il n’y a pas d’autre horizon que les immeubles jaune sale, rouge sale, aux balcons encombrés de bicyclettes, de vieilles chaises, d’un barda infini. Je ne vois pas le ciel, mais je sais qu’il est de charbon. La pluie froide qui tombe ne lave rien, au contraire, elle fait sortir de la terre, je ne sais comment, de la boue qu’elle répand sur à peu près tout.

JOHN: Faudra les remercier, Suzanne et Charles, pour leur belle carte postale.

JANE: Leur belle carte postale, oui.

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Les enfants qui leur brillent aux doigts 

JACK: Ils portent leurs enfants en sautoir ou sertis dans leurs chevalières leurs broches, ils les promènent partout, parfois ils varient, les couchent sur les chatons de bagues qui leur couvrent tous les doigts, ce qui est rare vu l’inconfort et l’ostentation, car s’ils raffolent offrir leurs précieux rejetons aux yeux des gens qui comptent, ils s’efforcent, pour ménager les susceptibilités ne pas éloigner les admirateurs, d’adopter une approche discrète qui les amène souvent non pas à cacher ou dissimuler, mais voiler légèrement, partiellement, ce qui ne manque jamais d’attiser la curiosité et les questions, et alors, avec parcimonie d’abord, puis, comme si cela leur coûtait, comme s’ils concédaient quelque chose du bout des lèvres, avec des descriptions effleurées qui, si la curiosité persiste, deviennent détaillées, mais toujours avec une fierté contenue, sans effusion, jusqu’au jour où il devient plus difficile de porter ces bijoux, soit qu’ils se ternissent ou se perdent, tombés un jour ou une nuit sans qu’on s’en rende compte, roulés sous un lit peut-être, ou dans la rue, perdus pour de bon et après des années, beaucoup d’années, il ne reste plus aux doigts qu’une ou deux bagues, mais l’éclat d’antan n’est jamais revenu, malgré les soins l’entretien confié à des experts, si bien que de nouveaux parents plaignent ces anciens que l’indigence semble avoir condamnés à ne plus briller au sein de leur petite société.

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Est-ce que les USA existent? 

JOSÉE: C’est bien le président des États-Unis, là?

JULIANNE: Le président des US of America? Pas du tout! Not at all.

JOSÉE: Pourtant, ça lui ressemble drôlement, et je t’assure, je sais reconnaître un visage, j’ai une mémoire visuelle effroyable, oui vraiment, ça effraie ceux qui m’ont oubliée comme cet homme qui m’a insulté il y a neuf ans deux mois dans le stationnement du centre commercial, il m’avait traitée de sale pute parce que je m’étais mal stationnée je bloquais sa voiture je n’avais rien répondu des types comme ça j’enregistre et je m’en vais eh bien figure toi que je l’ai retrouvé il s’est présenté devant notre comité d’entretien un poste d’analyste de réseau je lui ai demandé ce qu’il pensait des relations entre collègues masculins et féminins il nous a seriné des lieux communs ce qu’il pensait que nous souhaitions entendre et quand je lui ai rappelé qu’il m’avait appelée sale pute son visage s’est affaissé littéralement tombé comme si Satan se dressait devant lui ou la mort ou un revenant nous l’observions deux secondes trois secondes il a fini par se lever par quitter la salle nous ne l’avons plus jamais revu alors tu vois les gens, je les reconnais.

JULIANNE: Je sais, je connais ça de toi, mais là, ce n’est pas le président des USA, c’est qu’une photo.

JOSÉE: Oui. Bon. Une photo. Oui c’est une photo. Une photo si tu veux, mais une photo du président des États-Unis. Une représentation du président quoi!

JULIANNE: Non.

JOSÉE: Comment, non? Rien qu’à regarder, on voit bien ce qui en est.

JULIANNE: Regarde. Tiens, prends ma loupe. Observe attentivement. Tu vois ce maquillage sur les tempes, tu vois ces quelques cheveux qui dépassent derrière, tu vois ce costume amolli, usé aux boutonnières? La personne que tu vois, c’est une femme. Une femme déguisée en président des USA, et c’est cette femme qui a pris elle-même la photo.

JOSÉE: Un selfie?

JULIANNE: Avec un appareil photo de pro, parce que cette femme, c’est une pro, c’est une grande artiste tu sais, une artiste american.

JOSÉE: Tu as raison! À force de scruter, on finit par voir.

JULIANNE: Une reproduction d’une reproduction. Peut-être davantage, si l’original est faux.

JOSÉE: C’est-à-dire?

JULIANNE: Est-ce que les USA existent? Est-ce qu’il y a un président des USA?

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L’homme déboussolé parce que sa chatte parle

JASPER:  La parole tue, les choses ont commencé à se dégrader quand ma chatte s’est mise à parler, une tornade, une avalanche, tout s’est écroulé pièce par pièce jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien comme si je subissais impuissant une attaque de l’aviation ennemie et plus qu’une attaque un ballet de bombardements nuit et jour pendant plus d’une semaine j’ai bien tenté de l’égorger la chatte mais on m’en a empêché il n’y avait qu’à subir qu’à écouter tu comprends je la croyais muette comme les chattes de mon enfance mais de nos jours elles bref grosse erreur cette chatte je lui racontais tu sais je m’en servais comme d’un disque externe pour y stocker le trop-plein pour me libérer l’esprit ce qui me permettait de conserver cette vaporeuse légèreté et la joie on néglige souvent la joie mais pas moi alors je déversais tout sur elle je lui prêtais une discrétion que rien ne me comment ai-je pu comment peut-on toi-même ne t’interroges-tu pas parce qu’une chatte oui une chatte vraiment ça se tait ça miaule ça ronronne ça feule à l’occasion mais le reste du temps ça se tait tandis qu’elle qui aurait cru elle a commencé un soir sur les toits ça s’est poursuivi dans le salon la cuisine jusque dans la chambre à coucher tout y est passé les vérités les mensonges les petits jeux les déguisements maintenant ils savent tous que je n’aime pas vraiment le bleu que j’ai choisi cette couleur pour régler la question parce qu’il faut aimer une couleur et tout le reste ça s’est répandu ma pusillanimité ma juvénilité ma partialité ma cruauté mon infidélité ma pauvreté ma mortalité ma radioactivité mon obésité tout a déboulé c’en était une calamité une nullité une sévérité si bien que Joline m’a quitté dilapidé catapulté puis tous les autres Claire Pierre Mortimer Silvère à ce point il ne reste que toi tu es là malgré ma chatte c’est à ne rien y comprendre je n’y comprends rien c’est pourquoi j’aimerais savoir ça me rassurerait ou distrairait ou amuserait oui savoir ce que tu en penses tu es là on voit tes oreilles bien ouvertes enfin rien ne les obstrue donc tu écoutes ou à tout le moins tu entends mais dis-moi tu ne dis rien?

JEAN-MARC: Non.

JASPER: Brillant. À demain.

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L’espace illimité de l’amitié

SAMUEL: Hier, je me suis arrêté au café, le temps de prendre un verre. Comme d’habitude, j’y suis resté plus longtemps que prévu, à cause des copains. Il y avait Angèle, Annie, Audrey, Agnès, Adèle et Yves, et André, Albert, Antoine, Alexandre, Alexis, Arnoul, Augustin et Claude, Carine, Catherine, Cécile, Charlotte, Cunégonde, Constance, Clotilde, Clémence et Michel, Kateri, Kevin, Kieran et Lambert et Léon et Larissa et Mathurin et Isabelle et Hervé et Zacharie et Urbain et Séverin et Vincent.

VITAL: Ah bon. Walbert n’était pas là, ça m’étonne, lui que j’y rencontre cinq fois sur quatre, c’est tout dire, ou du moins le début, car celui-là comment l’imaginer autrement que zigzaguant entre les tables avec un verre et une tasse les yeux sur la porte dans l’attente qu’elle revienne même s’il sait et reconnaît et en possède toutes les preuves qu’elle danse et chante et additionne et soustrait et compile et vérifie dans une ville un pays où il ne mettra jamais les pieds parce qu’on y interdit l’entrée à ceux qui se sont dotés d’un casier judiciaire même si dans son cas c’était il y a longtemps sauf que la gravité l’étrangeté la cruauté ont tracé de profonds sillons sur son visage son esprit, à preuve ces poèmes qu’il écrivait juste après et jusqu’à tout récemment quand il a enfin réalisé qu’il préférait les voitures sports aux vieilles semelles élimées.

SAMUEL: J’ai remarqué son absence, mais on ne m’a pas éclairé sur les causes, nous avons parlé du dernier match, des élections de la pandémie des vieux des enfants de leurs parents de l’intelligence des arts de la mécanique de la physique des camions diésel des vélos électriques des repas congelés du sexe de la sexualité des yeux des livres du trafic de la campagne de la phénoménologie du matérialisme de la musique subsaharienne, et des boulettes végétariennes à base de lentilles.

VITAL: Tiens, les voilà, Yolande, Valbert, Tatiana, Dila, Teresa, Paul, Véronique, Corinne, Mamertin, Joachim, Justine, Louise, Marine et Marthe, Martin et Materne, Odile et Olive, Romolo et Rosa.

SAMUEL: Je présume que nous parlerons de morale, de mariage, de religion, de révolution, de destitution, de constitution, de surréalisme, du Chevalier des Grieux, du président, du PDG, de l’ONU, du Yucatan, des prothèses et de tous les sujets dont ils voudront parler, qu’ils introduiront dans la conversation et que nous ignorons pour l’instant, mais ça ne saurait tarder, car tu l’as dit, les voilà, ils sont là, les voici donc. Bonjour vous tous!

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Quand l’amour pétrifie le mouvement historique et menace de le pulvériser pour des siècles 

C’était une révolution, une comme on en voit si peu de nos jours. Tout était là. Un mélange grouillant d’histoire et d’inéluctables, un enchaînement de quotidiens comprimés en un tourbillon, et des femmes et des hommes pour surfer là-dessus. Suffisait qu’elle monte au podium, qu’elle livre son discours, les mots, l’émotion, la raison, pour que ça mène quelque part.

Sauf que le matin même, elle a réalisé que l’abandon par son grand amour, quarante jours plus tôt, la tarabiscotait sérieusement. Dangereusement.

Elle ne s’est pas levée, nous a envoyé valsé, et dans ces conditions, comment la traîner jusqu’au micro?

Alors, il fut décidé de tout remettre à plus tard. Plusieurs d’entre nous ne verront jamais ce jour, hélas.

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Chassé-croisé

Il suffit de prendre une loupe pour y voir de plus près. C’est ce que j’ai dit aux enquêteurs quand ils se sont pointés à la ferme pour enquêter sur le meurtre de papa. Eux, ils concluent à une mort accidentelle. Oui. Bien sûr. Comme si un homme aux genoux en compote serait capable de marcher neuf kilomètres à travers champs et bois, grimper sur un rocher, pour finalement basculer de l’autre côté sur les galets qui couvrent la berge de la rivière.

L’impossible est là, clair, net, évident. Pourtant, il ne convainc personne. Même que dans les congrès de ce gourou, on prétend le renverser à volonté, suffit de verser quelques milliers de dollars, oui voilà, mille, deux mille, trois mille, ça n’a pas de prix se faire dire que c’est maintenant possible. Alors ils y croient, pas trop le choix, une fois pris dans l’engrenage au vu et au su de, mais vous savez bien, et ça n’en finit plus, et il y en a qui s’enrichissent, et il y en a qui s’appauvrissent.

Alors, je vous la pose tout net la question: qui s’est soucié de ce qu’on disait en Inde du gourou des Beatles? Certains pourraient soutenir qu’un gourou perd ce qu’il possède lorsqu’il entre dans le monde du spectacle. Que le monde entier observe. Niveler par le bas, et ne plus peindre que pour être compris de tous, même des voleurs de bicyclette et des policiers. Ne plus s’adresser qu’à des enfants de huit ans de vingt ans de cinquante ans.

Car il ne faut pas se méprendre sur eux, les enfants qui croissent dépassent toujours les enfants qui rapetissent. C’est une évidence, mais il est bon de la rappeler au moins une fois par décennie. Monsieur le maire, notez-le. Merci.

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On veut jouer 

J’ai vu cent collisions. Une voiture traverse sur un feu vert, un VUS qui ne s’est pas arrêté au rouge l’emboutit. Une camionnette roule sur une route de campagne, un camion de livraison déboule à toute vitesse d’une route transversale et l’écrase contre un muret. Un VUS évite une voiture immobilisée en plein milieu d’une autoroute à quatre voix, et se fait accrocher par un semi-remorque qui se plie en deux et happe cinq voitures. J’en ai vu cent collisions comme ça, les unes après les autres. Ça dure quinze secondes, parfois trente. Il n’y a jamais de sang, jamais de morts. Que des tôles et des plastiques qui s’écrabouillent, qui s’écrasent, qui éclatent. Presque sans bruit. Pas du cinéma, pas un montage, pas des cascades. Du vrai, comme on dit, ça s’est vraiment passé. Alors, évidemment, on s’habitue. On s’achète une bagnole, une qui roule bien, une qui roule vite, parce que nous aussi, eh bien, on veut jouer.

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L’homme de scène au lacet défait 

Léo monte sur scène, un sourire béat lui déforme le visage, un de ses lacets pend lamentablement. Dangereusement.

LÉO: Merci la vie!

VIE: Qu’est-ce que tu racontes?

Léo (et toute l’assistance avec lui) lève les yeux au plafond. Le plafond maintient son impartialité, ne bronche pas.

LÉO: Qui a parlé?

VIE: La vie! Qui veux-tu que ce soit?

Léo aspire expire aspire expire, balaie la foule des yeux.

LÉO: Cette voix, elle jaillit de moi, elle jaillit de vous! La même voix répétée! Amplifiée!

VIE: Respire par le nez. Y a pas à en faire tout un roman.

LÉO: Merci la vie!

L’assemblée répète à l’unisson, deux cent trois visages béats, merci la vie!

VIE: Vous en avez fumé du bon! Faudrait vous calmer le pompon, mes cocos. Merci la vie, merci la vie, pourquoi pas merci le caillou ou merci le chien le chat le cheval! Si vous avez, comme on dit, un petit moment, un moment bien bref éphémère illusoire, c’est pas moi qu’il faut remercier, c’est votre cervelle! C’est elle qui vous voile tout pour un instant, un instant seulement.

LÉO: Nous atteignons l’Harmonie avec la vie! Voilà la vérité!

VIE: Je t’ai déjà entendu dire putain d’vie d’merde, je le dis, juste comme ça, parce que tu le diras encore.

LÉO: C’était avant l’Illumination!

VIE: Tu m’assommes. Moi je ne donne rien, je ne prends rien, je suis le bourreau, je suis la libellule, je suis la hyène, je suis le faon. Et puis. Vous m’assommez. Je vous laisse à vos enfantillages. Il y a un charmant tortionnaire qui me remercie lui aussi, je dois y aller. Tourlou!

LÉO: La vie?

Ni la vie, ni le plafond, ni rien d’autre ne lui répond. Dubitatif, Léo propose à l’assistance son nouveau livre, versions papier électronique audio, mais peut-être dégoûtés de la gratitude foraine, les spectateurs quittent en tas, se bousculant, s’injuriant, se piétinant, se maudissant.

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Laissez-vous m’écouter raconter

J. BLEAU: Vous voulez que je vous raconte une histoire? Mes amis disent que je sais raconter, ils m’écoutent et en redemandent, et s’ils s’endorment, c’est parce qu’ils en redemandent jusqu’à l’épuisement. Je connais des centaines d’histoires, et parfois, s’il le faut, j’en invente. Vous voulez essayer? Avec moi, vous n’aurez pas besoin de vous creuser les méninges! C’est moi qui s’occupe de la pensée. Vous vous installez bien confortablement, choisissez votre fauteuil favori, un café, un gâteau, et c’est parti! Je vous transporterai jusqu’à la Terre de Feu, je vous ferai visiter des grottes hantées, des châteaux enchantés, je vous entraînerai si loin, que vous serez mes captifs. Emprisonnés, enchaînés. Et c’est seulement ensuite que je vous torturerai, que je m’adonnerai à une gamme variée d’exercices violents. Sadiques? Si vous le souhaitez. Vous ramperez. Vous vous perdrez totalement, et si je vous fais surgir, oui vous, au beau milieu de l’histoire, vous ne vous reconnaîtrez pas. Lessivés. Javellisés. De purs spectateurs, animaux dociles. Venez, écoutez mes histoires, je sais comment vous procurer ces petits plaisirs pétrifiés, vous n’avez qu’à écouter, et encore, qu’à vous laisser m’écouter raconter.

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