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l’auteur québécois Michel Michel vous offre ici une microfiction chaque jour

C’est nul

La femme, la cinquantaine, jolie, l’asperge de poivre de cayenne comme un gros cochon cuit dans une recette sud-américaine. Il tombe à genoux, s’essuie les yeux, ce qui aggrave l’irritation. Elle tire de son sac un revolver, tire un coup. Il s’écroule, blessé seulement, mais hors d’état de nuire. En attendant les secours, elle sePoursuivre la lecture de « C’est nul »

Vendre la terre

Rouso possède une usine dans chaque pays, une villa sur chaque continent, un Boeing, un Airbus, et une fortune gigantesque. Vu d’en bas, Rouso a tout pour être heureux. Sauf qu’il sue le malheur. Rouso est inconsolable depuis qu’il a réalisé qu’il ne sera jamais l’homme le plus riche au monde. Chaque fois qu’il avancePoursuivre la lecture de « Vendre la terre »

Picude, notre héros

Ceci est l’aventure extraordinaire de Picude, entrepreneur de l’année depuis un quart de siècle à Neymotown, une ville renommée intergalactiquement pour sa croissance économique fabuleuse, qu’aucune crise financière n’est jusqu’ici parvenue à ralentir. N’essayez pas d’imiter Picude, il a plus de flair que vous en avez, il a plus de flair que tout mon arbrePoursuivre la lecture de « Picude, notre héros »

Décorum

C’est un procès couru par la presse et le public. L’accusé, un homme de trente-huit ans et deux mois, aurait tué trois femmes, deux hommes, un enfant. Détail particulièrement macabre, il leur aurait mangé le cœur. Six cœurs. Malgré les talents incontestables de son avocat, tous prévoient une peine exemplaire. Le procès devant jury s’ouvrePoursuivre la lecture de « Décorum »

Un souvenir

MARIONNETTE: Où suis-je? Qu’est-ce qui m’arrive? BALLON CREVÉ: On vient de te jeter dans le coffre des objets périmés. Bienvenue! Avec toi, le coffre est plein! MARIONNETTE: Périmé! Moi? Je peux servir encore de longues années! J’ai toute ma tête, toute, et si mon habit est légèrement usé, oui, y a qu’à le remplacer. BALLONPoursuivre la lecture de « Un souvenir »

Chasse au trésor

Je l’ai revue dans ce café où je vais tous les samedis matin. Je la connais bien, enfin, je la vois souvent. Elle travaille à la librairie où j’achète tous mes livres. Je ne lui ai jamais parlé, je n’ai jamais osé. Elle travaille dans la section Littérature jeunesse, et je n’ai jamais osé m’inventerPoursuivre la lecture de « Chasse au trésor »

Ô ma nature!

Là où je vis, il y a un loup qui hurle du matin au soir, par intermittence. Au début, j’avais peur, surtout pour les enfants. Même si j’en ai plusieurs, je n’aurais pas aimé qu’il m’en prenne un, ou deux. On a beau dire, un enfant, même si ça se fait vite, c’est presque irremplaçable.Poursuivre la lecture de « Ô ma nature! »

Du ménage et de la littérature

Deux jeunes femmes, colocataires dans un appartement du centre-ville. Vendredi soir, vingt et une heures trente. Patricia entrebâille la porte de la chambre d’Éléonore. PATRICIA: Éléonore? ÉLÉONORE: … PATRICIA: Éléonore? ÉLÉONORE: Quoi? PATRICIA: J’ai envie de danser. D’aller en boîte. Tu m’accompagnes? Pas le goût d’y aller seule. ÉLÉONORE: Je ne peux pas, je doisPoursuivre la lecture de « Du ménage et de la littérature »

Chut!

Ils s’éveillent près d’un ruisseau, comme dans la littérature. L’eau lance ses petits couteaux d’argent, les lourdes feuilles pendent paresseusement au-dessus des flots, quelques truites gobent des patineuses. Elle le regarde dormir, l’air de se demander depuis combien de temps dure ce sommeil. Le sien vient à peine de s’achever. Elle sourit, caresse ses cheveuxPoursuivre la lecture de « Chut! »

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