Rien de tel qu’une jolie promenade dans les bois 

Z: Comme aujourd’hui n’est que le lendemain d’hier nous irons tous en choeur nous recueillir dans les bois où dorment les ours du moins nous l’espérons car si nous tombons sur l’un deux je n’en parle qu’entre parenthèses entre les tiennes je devrais dire voilà c’est fait nous avons tout en main joueurs fébriles tout est possible la victoire le gros lot mais dès le matin commencent à s’enfiler à s’entrelacer ces millions de fils impossible de s’y retrouver comme je ris je me marre quand je les entends clamer qu’ils ont trouvé le sens et même plus ils disent un sens comme si mais passons ces égarements ces consolations la vie est belle courage courage tout vient à temps à qui sait attendre alors qu’il ne s’agit que d’ouvrir les yeux mais ça évidemment c’est dangereux potentiellement subversif qui sait ça pourrait détraquer la machine un automate qui fait un pas de côté ou pire qui se met à danser la polka sur la chaîne de montage ça serait beau mais ce matin il y a encore toutes les tornades qui s’emmêlent et qui entraînent radeaux et paquebots suffit de savoir naviguer peut-être pourrais-je prendre des cours dites vous connaissez une école vous avez un numéro merci merci je blaguais faut pas me prendre trop au sérieux parce qu’un sens je réussirai à en trouver un parmi les choses mortes.

A: Une promenade dans les bois! Youpi!

Z: N’oubliez pas vos gants, il fait froid.

A: Nous boirons du chocolat chaud en revenant.

Z: Près du feu.

A: Comme sur les cartes postales! Youpi!

Z: Youpi.

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Les soucis d’un camionneur dans la vie d’une femme qui n’a pas le temps

MONICA: Quand j’ai vu le camion débouler sur le boulevard, j’ai bondi en arrière pour ne pas être aplatie sous les roues. C’est là que ma vie a changé.

JANICA: À cause des autres piétons?

MONICA: Évidemment, mais pas que ça.

JANICA: Je me disais bien.

MONICA: En me reculant j’ai marché sur le pied d’une femme à peu près de mon âge air épuisée contrariée je veux dire un état de contrariété permanent quelque chose précédent l’instant tu vois je me suis excusée ses cheveux lui voilaient le visage je ne voyais que les lèvres une bande rouge crispée dure du fer chauffé à bloc j’ai eu peur tu sais peur comme si se dressait devant moi un humanoïde ou peut-être un extra-terrestre comment savoir je n’ai jamais eu la chance de jamais vu ni l’un ni et puis cette femme-là avec ses lèvres dures une vampire peut-être ma petite imagination un peu folle toujours moi ça ça ne change pas tu peux bien rire après la frousse a bien fallu m’excuser pour le pied elle n’a pas bronché rien en elle n’a bronché surtout pas les lèvres de glace ou devrais-je dire de marbre car il faisait plutôt chaud jour d’été ah ah ah le camion était loin maintenant les gens traversaient la rue elle est partie sans un mot sans un regard avait-elle des yeux je ne les ai pas vus c’est vrai qu’elle était grande je n’osais pas j’avoue la dévisager gêne crainte je m’embrouillais je veux dire dans ma cervelle j’imagine que ça se voyait car l’homme oui oui tout est là il y avait un homme derrière elle un inconnu complètement quelqu’un qui était là inconnu de moi d’elle il m’a vue m’a regardée j’allais reprendre mon chemin un peu secouée le camion n’avait pas ralenti pas klaxonné un forcené le feu était rouge il aurait pu nous mais il ne s’est rien passé c’était un de ces camions qui transportent des déchets liquides de larges tuyaux souples un siphon que sais-je je me suis secouée merde j’aurais pu y passer ce n’est pas madame lèvres d’acier qui m’aurait enfin j’étais vivante je le suis encore alors quand il m’a demandé si ça allait j’ai sursauté comment répondre je lui ai dit moi c’est Monica je me disais cette question c’est parce que oui quelque chose sur moi criait au monde faut croire puisque même un inconnu ça criait ou indiquait que ça n’allait pas je n’y pensais pas je me débattais encore dans ce tourbillon le camion l’aplatissement la mort la fin je ne reverrais pas mes parents mon frère toi tous il a souri m’a invité pas un café mais un kombucha pourquoi c’est toujours un café une bière un martini je l’ai regardé enfin je veux dire pour la première fois vraiment j’avais un rendez-vous à l’université mais soudain je n’en avais plus suffit de le décider un kom quoi ses premiers mots n’arrivaient pas à se frayer un chemin jusqu’à ma mais avant de comprendre je l’ai suivi il y avait ce petit comptoir près de la rivière nous avons parlé du camion des camions son frère ou son cousin ou son ami en conduisait un il y a tant de camions j’écoutais sa voix et les enchaînements de mots de phrases ça n’avait pas d’importance je me calmais et même plus il a cru remarquer que le chauffeur du camion parlait au téléphone un main libre selon lui parlait ou plutôt hurlait ou peut-être engueulait ou peut-être dénonçait comment savoir a raté le feu rouge sans le voir n’a pas réalisé qu’il aurait pu peut-être une querelle de couple on pense à ça souvent quand on voit de ces ou encore son patron ou sa banque des soucis de gros soucis il essayait de comprendre il a fini par me toucher la main je l’ai laissé faire je crois que nous avons rit oui sûrement quelques rires malgré les soucis du camionneur et ça allait de soi qu’il y aurait un rendez-vous c’était le lendemain ou plus tard mais pas trop j’aurais voulu t’en parler avant mais j’étais sonnée quand je l’ai revu je lui ai dit tout ça à cause des soucis d’un camionneur nous avons dansé sur la plage depuis je le vois presque tous les jours alors que je n’ai pas vraiment le temps pour ça en ce moment avec tout ce qui s’en vient.

JANICA: On trouve toujours le temps. On perd beaucoup trop de temps à n’avoir pas de temps. Les bonnes choses demandent du temps.

MONICA: Et autres banalités.

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Quand tout se réduit à un mal de dents comment souhaiter bon matin bonsoir ou autre chose

G : Il serait présomptueux de dire alors qu’une simple observation peut-être même une suggestion pourrait faire l’affaire si vraiment dans un cas comme celui-ci se termine une année qui donne envie de constituer un livre de gains et de pertes un résumé de vingt-quatre paires de ce qui est utilisé chaque année et toutes ces différentes années vécues dans la même année si on pouvait les additionner les vies d’ABC jusqu’à la fin de tous les alphabets qui se soucie du mouvement circulaire continu sans être répétition répétitive seulement nous conduit à l’illusion.

L : Parfois j’ai l’impression que tu parles à une ombre de toi-même et rarement à moi-même du moins pas à moi.

G : Je n’ai jamais compris la politesse de la politique des voeux et comment les choisir et quand et si je veux ce que tu ne veux pas te souhaiter si ça me rebute inutile de te dire qu’il pleut tu dois regarder la dynamique implacable amusant de ce côté car de ce côté pas de panne d’essence pas de panne jamais c’est pas merveilleux ils répètent mais non en réalité non c’est pas ça quand c’est simplement mais on aime un peu compliquer les choses et draper le tout de couleurs artificielles.

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L’union fait la force et s’interroge

BEN: Bientôt, je te décrirai en détail cette pièce où nous nous étions confinés pendant trois jours pour faire pression sur je ne sais plus quel pouvoir je connaissais peut-être un tiers de ces gens quand on dit connaître tu vois le reste des inconnus mais j’assumais on ne doit jamais assumer il y en avait de partout quand je dis partout tu aurais vu un tableau bigarré pas d’unité l’union fait la force mais l’union de quoi exactement je me le demandais quelle force avions-nous qu’en faisions-nous?

JOE: Toi-même, Ben, qui tu es, ce que tu es, pas clair, non, pas du tout.

BEN: Il y a de ces flous qui vous échappent, et alors vous échappent ces liens que vous croyiez mais qui n’étaient enfin dans cette pièce c’était la révolution en somme je veux dire la semence faudra-t-il attendre cent ans pour nous ne le saurons pas tout est semence de tout nous sommes bien les seuls ici aujourd’hui ils sont tous à fêter depuis longtemps ça n’est plus pour nous vie d’ascète j’exagère parce que ça me plaît et tu me plais de moins en moins quoique certains jours tu me dégoûtes un peu moins.

JOE: Qu’est-ce que tu foutais là? Tu as vraiment cru que c’était pour toi?

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Un pourcentage fera l’affaire 

JANVIER: D’accord je t’ai menti je ne t’aurais jamais demandé ton avis parce que tu racontes toujours des conneries comment se fier à toi tu sais bien par exemple quand tu vantes les mérites de ton centre de plein air pour petits vieux ton torse bombé tes yeux qui s’inondent tout cet amour gérontologique les canots les vélos tout le reste ça n’existe pas il n’y a plus de pagaies depuis des années tous les pneus sont à plat les chaînes rouillées tu les appâtes à coup de brochures tu empoches leur fric à peine s’ils peuvent se promener dans les sentiers tellement il y a d’arbres tombés personne ne les nettoie c’est la jungle un plein air démoralisant.

JASMIN: Comptes-tu le crier sur les toits?

JANVIER: Je n’ai besoin que d’un pourcentage.

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Un témoin surélevé que l’incertitude tenaille 

ALDO: J’étais monté dans un chêne blanc j’étais peut-être à vingt mètres du sol c’est là que ça m’a pris les palpitations la sueur et tout j’ignorais que j’avais le vertige si impétueux j’ai donc fermé les yeux pas question de monter plus haut ni de descendre ni de regarder autour un seul objectif retrouver mon sang-froid maîtriser cette phobie me raisonner je sais ça prend des années pour mais là je ne disposais pas d’années de quelques minutes quelques heures tout au plus au pire les pompiers viendraient me sauf que j’aurais l’air de quoi et l’air dans certaines circonstances ça compte d’autant plus qu’il y aurait témoins et parmi eux peut-être Adélanida que je ce n’est pas que je veuille lui cacher quelque chose une faiblesse plutôt l’exposition d’une faiblesse le spectacle car qui voudrait mais heureusement ça ne s’est pas produit après deux heures quarante minutes j’ai retrouvé le sol non sans m’être arrêté avoir fermé les yeux mille fois avoir respiré vous savez ces trucs qu’ils donnent quand il ne nous reste que ça et une fois au sol enfin libre je me croyais débarrassé de toute contrainte grand sourire et tout peut-être ai-je même chantonné mais ça c’était avant d’apprendre de brutalement me retrouver la cible de menaces d’une poursuite le chat et la souris j’étais la souris on m’avait vu là-haut moi qui ne voyait rien dans un des appartements on assassinait une vieille dame un type bien mis un professionnel persuadé que j’avais assisté au crime que je le reconnaîtrais j’ai bien tenté de lui expliquer palpitations vertige impossible mais comment le convaincre mieux valait prendre mes jambes à mon cou ce qui n’a pas tardé il avait eu le temps de me voler mon portefeuille il me retrouvera mon nom mon adresse où aller si je le dénonce on ne me croira pas mon histoire ne tient pas debout je ne pourrai pas le décrire deux ou trois mots sur ses vêtements mais pas beaucoup plus encore une fois la peur une autre peur et surtout pas envie de vraiment me le mettre à dos s’il voit que les flics ne lui tombent pas dessus s’il n’entend pas les sirènes peut-être comprendra-t-il que je ne l’ai pas mouchardé il me laissera peut-être qu’il ne me tuera pas?

PIETRO: C’est difficile à dire.

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Un séminaire dans un cadre enchanteur 

Nous attendions tous ce discours avec impatience, plusieurs d’entre nous avaient parcouru des dizaines, voire des centaines de kilomètres pour y assister. Un cadre enchanteur, comme disent les commentateurs: lac calme dans une région si éloignée qu’on n’y retrouve que deux ou trois chalets, rien de plus. Autour, la montagne, la forêt, une petite cascade qui descend en plein milieu du terrain, que nous traversons grâce à un de ces petits ponts de pierres et de bois en arche.

Nous prenions place, pour certains sur des chaises de jardin, mais pour la plupart, dont j’étais, directement sur l’herbe, avec ou sans couverture. Il s’est incliné, pour entrer tout de suite dans le vif du sujet, en homme de peu de temps. Transformation, détermination, il nous a annoncé que la plupart d’entre nous ne réussiraient pas à cause d’un défaut de constance, mais que nous ne le savions pas encore, il se proposait de nous détailler sa méthode, il répondrait aux questions à la fin, mais déjà à ce point je comptais une bonne dizaine de piqûres de moustiques. Se concentrer, simplement écouter, devenait ardu à cause des moustiques, petites bestioles qui prolifèrent dans les secteurs humides, qui peuvent vous tomber dessus en bataillons toujours renouvelés, jamais vaincus. Vous avez beau les écraser à tour de bras, utiliser des lampes pour les griller, rien n’y fait, la population des moustiques n’est pas en péril. Un ancien groupe rock américain avait écrit une chanson sur les moustiques, je me suis toujours demandé pourquoi, surtout que la mélodie était d’une naïveté navrante, bonne à égayer une classe de maternelle. Étonnant d’autant plus qu’auparavant, avant la mort de leur parolier chanteur poète autoproclamé, leurs chansons étaient tout sauf légères. Mais ça a plu, assez pour être traduit en français et obtenir, peut-être davantage que dans la langue d’origine, un grand succès. Sauf que chanson ou pas, j’en connais plusieurs qui ne vivraient pas à la campagne, encore moins en forêt, à cause des moustiques, chassés, tenus au loin par ces petites bêtes fragiles, si faciles à écraser, plus que ces autres bêtes, ours, loups, lynx, pumas, orignaux et autres mammifères.

À la fin du discours, mes chevilles étaient enflées, et le cou, et les bras, même le cuir chevelu. Je me suis levé avant que ne soient posées les premières questions. Tant pis, j’achèterai son livre, ce sera bien, et bien mieux, de lire à l’abri.

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Est-ce que les USA existent? 

JOSÉE: C’est bien le président des États-Unis, là?

JULIANNE: Le président des US of America? Pas du tout! Not at all.

JOSÉE: Pourtant, ça lui ressemble drôlement, et je t’assure, je sais reconnaître un visage, j’ai une mémoire visuelle effroyable, oui vraiment, ça effraie ceux qui m’ont oubliée comme cet homme qui m’a insulté il y a neuf ans deux mois dans le stationnement du centre commercial, il m’avait traitée de sale pute parce que je m’étais mal stationnée je bloquais sa voiture je n’avais rien répondu des types comme ça j’enregistre et je m’en vais eh bien figure toi que je l’ai retrouvé il s’est présenté devant notre comité d’entretien un poste d’analyste de réseau je lui ai demandé ce qu’il pensait des relations entre collègues masculins et féminins il nous a seriné des lieux communs ce qu’il pensait que nous souhaitions entendre et quand je lui ai rappelé qu’il m’avait appelée sale pute son visage s’est affaissé littéralement tombé comme si Satan se dressait devant lui ou la mort ou un revenant nous l’observions deux secondes trois secondes il a fini par se lever par quitter la salle nous ne l’avons plus jamais revu alors tu vois les gens, je les reconnais.

JULIANNE: Je sais, je connais ça de toi, mais là, ce n’est pas le président des USA, c’est qu’une photo.

JOSÉE: Oui. Bon. Une photo. Oui c’est une photo. Une photo si tu veux, mais une photo du président des États-Unis. Une représentation du président quoi!

JULIANNE: Non.

JOSÉE: Comment, non? Rien qu’à regarder, on voit bien ce qui en est.

JULIANNE: Regarde. Tiens, prends ma loupe. Observe attentivement. Tu vois ce maquillage sur les tempes, tu vois ces quelques cheveux qui dépassent derrière, tu vois ce costume amolli, usé aux boutonnières? La personne que tu vois, c’est une femme. Une femme déguisée en président des USA, et c’est cette femme qui a pris elle-même la photo.

JOSÉE: Un selfie?

JULIANNE: Avec un appareil photo de pro, parce que cette femme, c’est une pro, c’est une grande artiste tu sais, une artiste american.

JOSÉE: Tu as raison! À force de scruter, on finit par voir.

JULIANNE: Une reproduction d’une reproduction. Peut-être davantage, si l’original est faux.

JOSÉE: C’est-à-dire?

JULIANNE: Est-ce que les USA existent? Est-ce qu’il y a un président des USA?

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L’espace illimité de l’amitié

SAMUEL: Hier, je me suis arrêté au café, le temps de prendre un verre. Comme d’habitude, j’y suis resté plus longtemps que prévu, à cause des copains. Il y avait Angèle, Annie, Audrey, Agnès, Adèle et Yves, et André, Albert, Antoine, Alexandre, Alexis, Arnoul, Augustin et Claude, Carine, Catherine, Cécile, Charlotte, Cunégonde, Constance, Clotilde, Clémence et Michel, Kateri, Kevin, Kieran et Lambert et Léon et Larissa et Mathurin et Isabelle et Hervé et Zacharie et Urbain et Séverin et Vincent.

VITAL: Ah bon. Walbert n’était pas là, ça m’étonne, lui que j’y rencontre cinq fois sur quatre, c’est tout dire, ou du moins le début, car celui-là comment l’imaginer autrement que zigzaguant entre les tables avec un verre et une tasse les yeux sur la porte dans l’attente qu’elle revienne même s’il sait et reconnaît et en possède toutes les preuves qu’elle danse et chante et additionne et soustrait et compile et vérifie dans une ville un pays où il ne mettra jamais les pieds parce qu’on y interdit l’entrée à ceux qui se sont dotés d’un casier judiciaire même si dans son cas c’était il y a longtemps sauf que la gravité l’étrangeté la cruauté ont tracé de profonds sillons sur son visage son esprit, à preuve ces poèmes qu’il écrivait juste après et jusqu’à tout récemment quand il a enfin réalisé qu’il préférait les voitures sports aux vieilles semelles élimées.

SAMUEL: J’ai remarqué son absence, mais on ne m’a pas éclairé sur les causes, nous avons parlé du dernier match, des élections de la pandémie des vieux des enfants de leurs parents de l’intelligence des arts de la mécanique de la physique des camions diésel des vélos électriques des repas congelés du sexe de la sexualité des yeux des livres du trafic de la campagne de la phénoménologie du matérialisme de la musique subsaharienne, et des boulettes végétariennes à base de lentilles.

VITAL: Tiens, les voilà, Yolande, Valbert, Tatiana, Dila, Teresa, Paul, Véronique, Corinne, Mamertin, Joachim, Justine, Louise, Marine et Marthe, Martin et Materne, Odile et Olive, Romolo et Rosa.

SAMUEL: Je présume que nous parlerons de morale, de mariage, de religion, de révolution, de destitution, de constitution, de surréalisme, du Chevalier des Grieux, du président, du PDG, de l’ONU, du Yucatan, des prothèses et de tous les sujets dont ils voudront parler, qu’ils introduiront dans la conversation et que nous ignorons pour l’instant, mais ça ne saurait tarder, car tu l’as dit, les voilà, ils sont là, les voici donc. Bonjour vous tous!

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Chassé-croisé

Il suffit de prendre une loupe pour y voir de plus près. C’est ce que j’ai dit aux enquêteurs quand ils se sont pointés à la ferme pour enquêter sur le meurtre de papa. Eux, ils concluent à une mort accidentelle. Oui. Bien sûr. Comme si un homme aux genoux en compote serait capable de marcher neuf kilomètres à travers champs et bois, grimper sur un rocher, pour finalement basculer de l’autre côté sur les galets qui couvrent la berge de la rivière.

L’impossible est là, clair, net, évident. Pourtant, il ne convainc personne. Même que dans les congrès de ce gourou, on prétend le renverser à volonté, suffit de verser quelques milliers de dollars, oui voilà, mille, deux mille, trois mille, ça n’a pas de prix se faire dire que c’est maintenant possible. Alors ils y croient, pas trop le choix, une fois pris dans l’engrenage au vu et au su de, mais vous savez bien, et ça n’en finit plus, et il y en a qui s’enrichissent, et il y en a qui s’appauvrissent.

Alors, je vous la pose tout net la question: qui s’est soucié de ce qu’on disait en Inde du gourou des Beatles? Certains pourraient soutenir qu’un gourou perd ce qu’il possède lorsqu’il entre dans le monde du spectacle. Que le monde entier observe. Niveler par le bas, et ne plus peindre que pour être compris de tous, même des voleurs de bicyclette et des policiers. Ne plus s’adresser qu’à des enfants de huit ans de vingt ans de cinquante ans.

Car il ne faut pas se méprendre sur eux, les enfants qui croissent dépassent toujours les enfants qui rapetissent. C’est une évidence, mais il est bon de la rappeler au moins une fois par décennie. Monsieur le maire, notez-le. Merci.

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