Les aléas de la censure

Il y a longtemps que je ne dis plus rien, question de préserver le peu qui reste de moi. J’avais l’habitude de dire ceci, et de rajouter cela, sans me priver de souligner ceci et cela et vice versa, si bien qu’elle m’a fusillé du regard, il m’a brisé les jambes, elle m’a rasé les cheveux, il m’a fait les poches, ils m’ont poursuivi jusque dans ma pauvre petite chambre. Donc je me tais.

LUI: Je t’ai entendu, sale petit… Je vais te…

ELLE: Pour qui il se prend, allez! On va le…

Je ne me suis pas suffisamment tu. Tais-toi plus fort, me chuchote mon chat.

LUI: Tiens! Prends ça!

ELLE: Et ça!

J’y laisserai ma peau, je le sais, je le sens. Je ne tiens plus debout, du sang coule de tous bords tous côtés, je décline.

Qu’est-ce que ça aurait été si j’avais eu quelque chose à dire! Moi qui ne parlais que pour parler.

LUI: Qu’il crève!

ELLE: Même mort, il en rajoute! Tiens, prends ça!

Traitement en cours…
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