La question

ENZO: Charles-Albert! Charles-Albert! Que dois-je faire? Mais que dois-je faire, à la fin! Charles-Albert! Charles-Albert!

FÉRÉOL: Enzo, combien de fois dois-je te répéter que je ne m’appelle pas Charles-Albert, mais Féréol. Fé-ré-ol! Ol, ol, ol, ol.

ENZO: Que dois-je faire, que faire, que dois-je faire?

FÉRÉOL: Méfie-toi de la voisine, surtout quand elle surgit le visage couvert de suie, ça cache ce que tu ne voudrais pas découvrir, oh ça, tu peux en être certain, et il si elle apparaît, atterrit devant toi comme un météore, un oiseau abattu par le chasseur, sauve-toi, prend tes jambes à ton cou et court jusqu’à l’hippodrome, où au moins tu auras quelques options, comme celle de te lier d’amitié avec un jockey, de caresser un cheval, ou encore de prendre conseil d’un joueur impulsif, il t’entraînera dans une avalanche de mots et de gestes, tu y perdras le souffle avec toutes les couleurs qui surgiront, même s’il porte un uniforme, et si c’est le cas, méfie-toi, vérifie bien qu’il ne soit pas pompier, car alors ce serait un piège difficile à éviter, tu pourrais te retrouver malgré toi dans un complot, ce qui n’est jamais facile à déterminer d’avance, malheureusement, les complots mènent parfois à la rue, l’habit est tout prêt pour toi, oui, rangé, qui t’attend, une casquette décolorée, une veste trouée, une chemise sale, un pantalon trop court et de vieilles godasses sans chaussettes, on ne te reconnaîtrait, personne, pas même moi je t’assure, tu attendrais pour manger, mais avant, le choc t’aurait affaibli, de voir le résultat, la pluie qui te trempera jusqu’aux os, tu n’aurais plus besoin d’écouter miss météo, tu pourrais pisser sur les parcomètres en attendant l’aspirante députée qui te promettra une solution, un passage pour retrouver ton chemin, pour sortir de la vallée sombre et reprendre à pleines mains tes questions stupides, toutes tes questions qui cherchent encore leurs réponses et qui entre temps doivent se contenter d’approximations, de balles qui roulent dans toutes les directions avec toi qui s’étourdit, qui ne survivra peut-être pas jusqu’à la fin de la journée, de la nuit peut-être, quand tu as terminé tes longues études, avais-tu payé pour une garantie, une assurance sur ton bonheur et tes journées, mais ça n’existait peut-être pas, ça n’existe peut-être pas, ça n’existe pas, tu le sais bien, sauf que tu voudrais voir les signes et surtout, savoir les lire, parce qu’il ne suffit pas de déterrer le livre de la vérité, si la langue est morte, et ça tu peux en être certain, elle l’est, ça ne te servira qu’à comprendre que cette petite issue s’assèche et se referme sur toi jusqu’à t’étouffer, alors si tu veux rêver encore, tu ferais mieux de ne plus me poser de ces questions stériles.

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