Les joies inestimables de l’amitié et de la pêche sur un lac

C’est alors que je l’ai reconnu. Il conduisait une fourgonnette marron, dans laquelle il entassait ses outils, ses câbles, tout son bazar. Et il partait. Parfois des jours, parfois des mois. Sur les routes, il parcourait le pays, s’arrêtait où on avait besoin de lui, grimpait dans les poteaux, branchait des fils, en débranchait d’autres, et repartait. Un jour, du haut de son poteau, il a vu un homme en poignarder un autre. Il est redescendu, discret, et s’en est allé grimper dans d’autres poteaux, à l’autre bout du pays. Mais on ne peut éviter l’inévitable. Il a vu des gens faire l’amour, des gens se battre, des gens pleurer, des gens mettre le feu à leurs voitures, maisons, voisins. Un jour il a vu une femme qui lui a souri. Poli, il lui a rendu son sourire, et a terminé son travail, au sommet du poteau. De retour dans sa fourgonnette, elle était assise derrière le volant. Sans hésiter, ils ont décidé de se marier, et d’aller vivre sur les rives d’un lac, d’un très grand lac. Comme la fourgonnette est tombée en panne, puis en ruine, il a décidé de rester chez lui, et de ne plus voir la vie du haut des poteaux. Je l’ai reconnu, quel hasard, au marché du village. Je l’ai remercié de ne m’avoir jamais dénoncé, lui qui m’avait vu trucider un bon à rien. Il m’a remercié de ne pas l’avoir poursuivi, lui qui aurait pu faire un témoin inquiétant. Depuis, nous sommes bons amis, et nous pêchons presque tous les jours sur le lac, le très grand lac.

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