Mes vêtements sont usés, à peine si j’ai des semelles à mes chaussures, mais je ne suis pas mort, je ne suis pas disparu. Je regarde passer les trains, les uns après les autres, trois par jour. Les trains passent depuis longtemps, depuis toujours, été comme hiver. J’étais fou d’une femme qui arrivait tous les jeudis par le train du nord, elle descendait près d’ici, elle avait des cheveux pleins de vent, des yeux de terre profonde. Elle passait par ici, elle passait, elle est passée. J’étais amoureux d’une autre que le train du sud remontait jusqu’à moi, je lui touchais les doigts deux ou trois fois par semaine, elle portait des couleurs qui tournoyaient dans nos pas jusqu’à ce que la pluie efface tout, elle est passée, passée. J’étais étourdi chaque fois que je la voyais, cette autre, oui autre, et autre encore, et encore, elles passent, elles passaient, et j’avais oublié de compter les jours qui passaient, j’avais oublié, mais le temps n’oublie rien. Mes vêtements font peine à voir, mais je les vois encore filer, les trains, je les vois encore tous ces visages qui passent, qui passeront, et parfois je chante.
Parfois je chante
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