Une joie trop forte

Je suis radieux. Aujourd’hui, c’est le grand défilé. Jour de célébration, jour de fierté villageoise. Notre jour.

L’an dernier, j’étais au dernier rang, et comme je ne fais qu’un mètre cinquante, je ne voyais rien. J’entendais, mais impossible d’admirer de visu.

Quand j’étais petit, je veux dire vraiment petit, mon père me faisait grimper sur ses épaules. C’était fantastique.

Ils sont tous là dans le défilé, ceux dont nous sommes fiers. À commencer par le maire, qui distribue des sourires, qui ouvre son grand sac dans lequel nous pouvons jeter des pièces, des dollars. Quelle chance!

Suit, juste derrière, le chef des agents de la paix, qui distribue des coups de matraques aux impertinents qui s’approchent trop près. En général, ce sont des étrangers du village d’en bas, un village d’illettrés et de barbares.

Puis, il y a Monsieur. Évidemment, Monsieur. Le grand possesseur de tout. L’usine, les commerces, la banque, nos logements. Lui, il ne dit rien, il ne bouge pas. Mais juste de le voir là, juste de le voir, une fois l’année, avec son regard fixe, eh bien, ça nous transporte. Une sorte d’expérience spirituelle profonde.

Derrière ces personnalités suivent les gérants des commerces. Ils dansent. Chaque année, ils présentent une chorégraphie différente. Là, ils ont choisi une pièce de Madonna, et ils portent des collants de toutes les couleurs, des maillots en dentelle, de tout petits chapeaux roses.

Je prends beaucoup de photos, parce que je revivrai ces événements pendant des mois. Comme tous les villageois.

Ah! La joie m’étouffe!

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