Les souris

Avant d’ouvrir la porte, j’entendais un bruit continu, comme un grincement persistant qui semblait emplir tout l’espace à l’intérieur de la maison. Effrayant. Est-ce que l’air était rempli d’un gaz prêt à tout faire sauter? Était-ce une sorte de blob? Film d’horreur, vision d’enfer, inquiétude bourgeoise, j’ai failli faire dans mon pantalon, failli faire demi-tour et courir passer la nuit chez ma voisine.

Quand j’ai ouvert la porte, je les ai vues, des milliers, des millions, tout l’espace rempli par des tonnes de souris, empilées, vivantes, du plancher au plafond, grouillantes, grignotantes, agitées, affolées. Ça m’a scié. Bouche bée. Trop saisi pour fuir, trop peureux pour avancer.

Une fois la porte ouverte, la masse des souris s’est mise à se désintégrer, pour couler à toute vitesse entre mes jambes dans la rue et se perdre dans la nuit et plus loin, aux limites du parc qui donne sur une forêt de plusieurs kilomètres carrés. Elles étaient des millions, que faisaient-elles là, comment sont-elles entrées, et pourquoi fuir? Les voyant, je me suis vu mort, effacé de la vie en quelques secondes par ces milliers de minuscules dents puissantes. Mais chacune, à part soi, a eu peur, une peur bleue, de moi. Et a fui.

Il y avait beaucoup de petites crottes dans la maison, ce n’était pas vraiment propre, et comme j’étais fatigué, j’ai tout de même décidé d’aller coucher chez ma voisine.

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