Comptines et recyclage

Pour m’endormir, maman me lit un de ces romans comme on en publie industriellement, petits tirages, grands tirages, parfois elle s’endort avant moi, mais ne vous en faites pas, son souffle régulier finit toujours par m’endormir, et au moins j’ai l’impression enfin d’avoir entendu quelque chose de bien, sans cette fin qui justifie les moyens, petits et maigres, fin qui pourrait en somme constituer le tout, et j’ai demandé à maman pourquoi ils n’imprimaient pas seulement la fin, ça nous permettrait de sauver des milliers d’arbres, tout le monde y gagnerait, je m’endormirais beaucoup plus vite, mais faut croire que ces coulées de mots, ils y tiennent, ça tourbillonne comme un remous, de la profondeur mazette, de la profondeur toujours, heureusement que je m’assoupis toujours avant d’avoir touché le fond, dans l’odeur du graillon et la musique de leurs larmoyantes plaintes, car oui le monde est, oui la vie est, coulez à flots petites boules de pleurs, boules inodores qui se perdent dans un vaste conteneur que chaque semaine ramassent les éboueurs du service régional de recyclage.

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