LANCLEB: J’aimerais ça, moi, entendre Lindustrie Dubleuet.
DRYLAN: Passionnément.
LANCLEB: Elle se fait tirer l’oreille. Ne réponds ni à mes courriels ni à mes mugissements.
DRYLAN: Subrepticement.
LANCLEB: Je comptais sur toi pour l’attendrir. Raconte-lui une jolie fiction. Dis-lui que j’aime ses cheveux bouclés, ses robes à fleurs. Sa bouche munie de trente-deux dents.
DRYLAN: Rustiquement.
LANCLEB: Dire qu’il y a dix ans, elle m’a touché la main. J’ai bien cru qu’elle et moi. Tu vois. Des fiançailles, des épousailles. Au moins, pas cette bataille. Quotidienne.
DRYLAN: Artistiquement.
LANCLEB: Ma douce, ma mouche, invente, offre-lui un panier de langoustines, des chambres à air, un piston. Entre dans son giron, gravite dans son orbite, pique sa curiosité, son nez, sa fesse s’il le faut.
DRYLAN: Imperceptiblement.
LANCLEB: Surtout, évite madame sa mère, madame Dubleuet. Elle te tombera dessus, t’écrasera, t’absorbera. Mieux vaudrait, si attaquer par la bande s’avérait indispensable, songer à son cousin Roger, ou même à son grand-père Alcide.
DRYLAN: Éternellement.
LANCLEB: Tu brûles tous mes espoirs. Pourtant, la fille de l’amie de la soeur de l’amie de la fille de la cousine de la fille de la belle-soeur de la belle-soeur de la soeur de la grand-mère de Lindustrie nous avait suggéré le contraire.
DRYLAN: Miraculeusement.
LANCLEB: Même si tout s’écroule, je resterai dans votre groupe, le groupe des vivants. Au moins, toi tu me comprends. Tu sais comment donner un sens à la vie.
