Expédition citadine

J’étais descendu au centre-ville, j’espérais y voir mes amis, ou à défaut d’amis, des connaissances, de vagues personnages que j’aurais rencontrés la semaine dernière ou jadis, bref, n’importe qui. Mais il n’y avait pas un seul visage connu, et parmi tous ceux qui se pressaient devant moi, j’avais beau tenter de m’inventer des réminiscences, mais impossible d’y parvenir. Évidemment, mon allure et mes regards ont vite été suspects, m’a bien fallu fuir, sauver ma peau, j’ai voulu retourner dans ma petite cellule à l’orée de la forêt d’épinettes. Sauf que j’étais coincé, pris dans un cercle de corps, de bras, de fronts effrayés, brutaux. Seule issue, une bouche d’égout! Ne fais pas de manière mon vieux, c’est ta voie, ton salut passe par là. Je m’y suis glissé, y ai disparu. Personne n’a osé me suivre, à cause de l’odeur, et sans doute parce qu’on était persuadé que je n’en sortirais jamais. Comment peuvent-ils espérer cela? J’en sortirai! J’en sortirai. Même si pour l’instant, je m’y perds, dans ce labyrinthe souterrain. J’en sortirai, et ce jour-là, je resterai bien tranquille chez moi, je ne retournerai plus jamais en ville.

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