Il y a quelques siècles

Si je reprends les choses depuis le début, j’ai demandé, madame, que comprenez vous du grand souffle de la vie, elle m’a répondu qu’elle aimait la musique, ça oui, je vois pourquoi, surtout qu’ici les gens dansent pas mal, j’ai même vu de drôles de têtes sous les lumières, et c’est ainsi qu’elle a accepté que je la reconduise, elle est descendue à deux pas de son immeuble, j’ignorais les nuances, maman m’a toujours répété que je n’étais pas un vampire, comment la croire, une mère ça ment pour le bien de sa progéniture, mais quand le jour s’est levé j’étais bien seul, je le suis resté pendant tout un siècle, et un peu plus, n’empêche,  j’y pense encore, communication inachevée, il ne faudrait pas que je verse des larmes pendant encore un siècle, pendant qu’elle sera moins que de la poussière, un souvenir déformé, heureusement qu’il y a des photographies, deux ou trois, je crois que je me suis inventé une sorte de noeud que je n’arriverai jamais à dénouer, que je ne souhaiterai jamais dénouer, et ce n’est pas parce que maman parle d’illusions que je changerai quoi que ce soit, et elle a peut-être raison, mais qu’est-ce que ça peut faire, il y a quelque chose de puissant, d’éclatant, d’étourdissant, mais où, ça je l’ignore, et bien sûr le temps passe, quoique je l’oublie par moments.

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