La mort incertaine d’un spectre

Le spectre du propriétaire piaffe dans le caveau où je l’ai attiré. Suffisait d’y penser. Ce spectre-là ne traversera jamais une ligne tracée au feutre mauve. Pourquoi? Je l’ignore. Je l’ai découvert un peu par hasard, évidemment. Donc.

Je l’ai appâté avec un tas de vieux dollars, il a mordu à l’hameçon. Je lui ai botté le cul, il a basculé la tête première dans le caveau. Sans hésiter, j’ai foncé avec mon feutre mauve. J’ai tracé trois cercles autour de lui, avant même qu’il n’ait eu le temps de se relever.

Prisonnier.

Une ou deux fois par année, je dois retracer mes cercles de feutre mauve, pour garder la paix, pour que tout le pays conserve sa paix.

Quand je mourrai, quelqu’un devra prendre la relève. Parce qu’un spectre, ça ne crève pas. Du moins, je n’ai pas trouvé le moyen de le faire disparaître pour de bon.

À moins que ma mort ne le tue.

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