Une grippe galapagense

Tous les jours, elle recevait des nouvelles d’un drôle de type qui vivait à l’étranger, du moins à son étranger à elle, si on peut dire. Elle recevait ces nouvelles, elle les lisait, elle cherchait parfois à comprendre, pas toujours. Mais ce jour-là, ça dépassait les bornes. Il parlait de poissons, de crève-la-faim, de wapitis. Comment s’y retrouver, qu’y comprendre? Depuis des années, elle s’imaginait que le type était un beau jeune homme, vaguement poète, en tout cas, plus sensible aux beautés qui dansaient dans ses yeux à elle que tous ces villageois bourrus qui sifflaient sur son passage lorsqu’elle descendait à la boulangerie pour y acheter ses croissants. Illusion! C’est un gros poltron. Ventre déformé par la bière, les frites et le camembert. Et laid. À lire sa dernière nouvelle, elle en a attrapé un rhume hawaïen. Si elle avait su à qui elle a affaire, elle aurait attrapé une grippe galapagense. S’en serait suivi une pandémie.

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