Rien de plus qu’une paire de chaussettes

Je ne me souviens que de ses chaussettes diaboliques, celles qu’il portait même les soirs doux quand, pour quelques heures, la bourrasque se calmait sur la lande. Ni ses yeux, ni ses cheveux, ni même sa voix ne se sont imprimés dans mon esprit. Pourtant, je vous l’avoue, c’est le père de mes trois enfants. Si j’avais su, j’aurais relevé la tête, j’aurais planté mon regard dans le sien, ou tout près. Ainsi va la vie, car sous les ponts coulent les cadavres, et passe le temps, et passent les autobus. Mais je vous en prie, brûlez les chaussettes avec le reste, je vous abandonne tout, je vous fais cadeau de ses cendres, j’ai une classe de yoga, je file, adieu.

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