La chance inouïe de trouver une balle de tennis au bon moment

Pièce aux murs gris, au plafond gris, au plancher gris. Sans fenêtre, sans porte, ou s’il y en a une, elle se fond parfaitement dans le gris du mur. L’homme est assis sur une chaise à dos droit. Il regarde une balle de tennis au sol, à trois mètres devant lui. Il la fixe depuis trois heures. Régulièrement, il lui répète tu es à moi, ou encore, tu fais partie de moi. La balle ne réagit pas, pas une seule fois. Au bout de deux jours, dix heures, trente-deux minutes, l’homme prévient la balle. Tu existes parce que je te regarde. La balle ne bronche pas. L’homme invente une histoire, où la balle concentre en elle l’essence de l’univers, qu’elle organise dans une harmonie destinée à rendre belle la vie de l’homme. Cette histoire est vraie, décide l’homme. Il détermine que par son silence, la balle approuve. Depuis ce jour, les balles de tennis ont pris une toute nouvelle stature dans la vie de l’homme. Mais d’avoir séjourné trop longtemps dans la pièce grise, l’homme dépérit. Il cesse de respirer. Il meurt. Il s’assèche. Quand finalement un inconnu ouvre la porte, que l’on découvre enfin, le vent souffle ce qui reste de l’homme, la poussière. Il ramasse la balle, dont il avait bien besoin pour la partie de tennis qu’il comptait disputer avec son voisin.

Traitement en cours…
Terminé ! Vous figurez dans la liste.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s