Les mille et un visages de la vie et autres sottises

J’ai enjambé le parapet et je me suis élancé. En bas, il y avait un énorme tas de neige, qui a amorti ma chute. Plus qu’amorti, je m’y suis enfoncé jusqu’à disparaître. Je n’ai pas paniqué, j’ai nagé, j’ai retrouvé la surface. J’ai secoué ma canadienne, mon pantalon, je me suis élancé d’un pas gai dans l’avenue. Parvenu au boulevard, j’ai tourné à droite, où je suis tombé nez à nez avec Claudia. Elle m’a fait remarquer que l’ourlet de ma jupe était défait sur environ deux centimètres. Comment ne l’ai-je pas vu avant de l’enfiler, est-ce que ma jupe se serait prise lorsque je suis montée dans l’autobus, est-ce que le fil, déjà cassé, s’est retiré à cause d’une pression? Au point où j’en étais, pour ne pas me mettre en retard, le mieux à faire était de recoller l’ourlet avec un infime bout de chewing-gum. D’abord acheter en vitesse le chewing-gum. Je les déteste, mais c’est la seule idée qui m’est venue. Derrière le comptoir, j’ai reconnu la fille de ma voisine, j’ignorais qu’elle travaillait là, elle a feint de ne pas me reconnaître, timide ou indifférente ou professionnelle. J’ai pris le chewing-gum, je ne me souviens plus de la saveur, et j’ai couru jusqu’à ma voiture. J’avais oublié de lacer mes baskets, ce qui a failli me projeter sur le pavé. Il y avait deux types près de la voiture, je voyais à leurs yeux qu’ils rêvaient d’en conduire une, d’en posséder une, ils m’ont lancé hey mec, c’est ta bagnole, j’ai fait oui de la tête, je ne sais jamais quoi leur dire aux gens qui bavent devant ma voiture. Ma mère dit que je suis un garçon réservé, je crois que je manque totalement de confiance, voilà l’affaire. J’ai foncé jusqu’à la campagne, je devais y retrouver Mathias, nous n’avions pas vraiment de plan, rien de précis, nous souhaitions seulement trouver quelque chose pour ne pas trop nous ennuyer. Mais étonnamment, Mathias n’était pas là, j’ai roulé encore un peu, et j’ai eu une crevaison. Depuis que j’ai mis ces pneus sur le vélo, je les collectionne, les crevaisons! Dès que j’aurai ma paye, je m’achèterai de nouveaux pneus, légèrement plus larges, peut-être un peu plus lourds, mais je ne serai pas obligé de démonter ma roue à chaque sortie. Quand je suis arrivé en ville, je me suis tout de suite dirigé vers le Bar Central. Avant d’entrer, j’ai retiré ma cravate, puisque l’ambiance est décontractée, surtout le samedi. Il y avait là Jacquot, Martine, Olivia et Nathalie. Tout le monde m’a demandé des nouvelles de l’accouchement, j’ai dit que tout s’était bien passé, que je me sentais en super forme, et Josito a tout de suite demandé le sein, c’est un petit glouton. Ils l’ont tous trouvé charmant, j’ai souri, et je me suis frotté la barbe, je crois que je vais me la couper, mon épouse l’aime bien, mais l’entretien me coûte, je voudrais sortir au plus vite, une nouvelle copine qui est dans ma classe m’a proposé une manucure, moi je ne suis pas douée, ses ongles sont ravissants, et parce que je suis souvent avec elle, Marco est persuadé que je suis son copain, il est jaloux, il répète que je suis bi, il me lasse, je crois que ce soir, je resterai à la maison pour me tricoter un bikini. Quoi qu’on en dise.

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