Le canard

C’était un canard qui avait pris les traits d’un président, pour le plaisir, le plaisir de présider pour un soir, pour une nuit. Il y avait la foule sur la place, à l’applaudir, applaudir ce président étrange, à la bouche si grande, si souriante, qui dansait si mal. Personne, pourtant, n’osait rire, personne ne se moquait. Ça souriait, plutôt, ça souriait de grands sourires comme on n’en avait jamais vus. La fête, oh quelle fête, elle était si belle, on sentait qu’on en parlerait encore dans dix ans, dans cent ans. Ils tournaient autour de lui, le président, qui les touchait tous, jeunes et vieux, laids et jolis, le président qui buvait avec tous, qui se faisait de tous ces inconnus des amis, des amis à aimer toute la vie. Quand la nuit s’est essoufflée, il s’est incliné, les a salués, mais ils n’ont pas voulu le perdre de vue. Même ceux qui tombaient de fatigue se sont relevés, l’ont suivi jusqu’au fleuve, l’ont suivi lorsqu’il a plongé dans les eaux glaciales.

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